En fin d’année, c’est devenu une tradition, nous faisons une évaluation des bons et mauvais moments au cours de l’année écoulée et nous prenons des résolutions, la plupart du temps honnêtes qui découlent de notre expérience. Nous nous engageons à limiter tout ce qui nous empêche d’atteindre nos objectifs de vie familiale, professionnelle, sociale etc… Combien de résolutions prises l’année précédant celle qui est en cours sont-elles effectivement mises en œuvre? Je pense que vous connaissez mieux la réponse que moi. Certaines résolutions sont même reconduites depuis des années sans que l’on n’ait noté un réel début de mise en œuvre. Nous sommes passés maître de la procrastination.
Nous exprimons le désir de mettre fin aux abus, aux addictions, de corriger ou d’améliorer la qualité de nos relations à l’autre, d’éviter de remettre à demain les décisions que nous prenons de bonnes intentions ; mais hélas nous n’y arrivons toujours pas. Parfois fatigués, découragés, nous remettons tout en cause ; notre capacité, notre compétence et même notre éligibilité à réussir un tel exploit, un tel projet. Les fatalistes d’entre nous préfèrent le raccourci du destin. « C’est finalement mon destin… ». Fort heureusement bon nombre croit encore en eux et évoque avec philosophie d’ailleurs, toutes les théories qui placent le succès au bout de plusieurs échecs. C’est vrai… en partie. Mais c’est aussi faire preuve de sagesse et de réalisme que de se demander : pourquoi je n’arrive toujours pas mettre en œuvre mes propres résolutions ? Je pense et j’insiste que nous devons nous interroger.
Pourquoi ça ne marche toujours pas ? Voilà une question qui peut nous servir d’alarme dans ce qui peut s’apparenter à un profond sommeil dans notre vie.
Parmi les obstacles à notre avancée sur tous les plans, la distraction demeure un facteur majeur. Elle est auteure de la plupart de nos échecs. Nous sommes distraits, par les gens autour de nous, par notre environnement, par nos addictions, les circonstances précaires de notre vie, (moments de joie comme de tristesse) et bien d’autres choses.
C’est justement pour cette raison que j’aimerais que vous et moi prenions une seule et unique résolution en ce début d’année 2026 : lutter contre les distractions dans notre vie. Je vous entends me demander comment donc réussir à nous soustraire des distractions? Je suis content que vous ayez posé la question !
D’abord c’est quoi donc une distraction ? « Le dictionnaire répond : un manque d’attention habituel ou momentané aux choses dont on devrait normalement s’occuper, l’esprit étant absorbé par un autre objet. »
Faisons une observation d’entrée de jeu, toute distraction est-elle mauvaise ? La réponse c’est évidemment non, si nous l’avons choisie et programmée comme un exutoire anti-stress et des moments de relaxation, à la suite d’efforts intellectuels et ou physiques intenses. Le problème ici c’est lorsque nous nous laissons entraîner dans la distraction au détriment de nos programmes, activités etc… La distraction qui nous détourne des objectifs, prend en otage nos projets et nous jette dans les bras d’occupations « succulentes » la plupart du temps et malheureusement sans lien avec nos projets ou nos objectifs de développement personnel et collectif.
Une fois que nous sommes d’accord sur un minimum de définition du terme, la prochaine phase de notre démarche de « guérison », c’est d’identifier les sources de distraction dans notre vie par ordre d’importance. Partir de celles qui nous occupent le plus vers celles qui n’ont pas une forte emprise sur notre vie en terme de gaspillage de temps. N’oublions surtout pas qu’une bonne guérison commence par un diagnostic efficace. Combien d’heures je passe sur mon téléphone portable à vadrouiller d’un réseau social à un autre sans trop chercher à rentabiliser le temps consenti au profit de mes objectifs ? Combien de temps je passe au cours d’une journée à parler des succès, des déboires, des comportements antisociaux des autres sans chercher à marquer une pause pour retourner le miroir sur mes imperfections? Si avant chaque match de mon équipe préférée, je dois passer deux heures à analyser les performances antérieures dans mon groupe de consultants sportifs auto proclamés, suivre le match pendant 120 minutes et passer 2 à 3 autres heures à analyser les performances des différents joueurs, c’est important que je commence à m’interroger sur ma passion pour le ballon rond et son impact sur l’atteinte de mes objectifs de vie professionnelle et sociale.
Alors, la question qu’on doit se poser après un diagnostic sincère des sources majeures de nos distractions est de savoir comment guérir des distractions qui assassinent nos objectifs et nous plantent au fond de l’immobilisme?
Etre occupé n’est pas toujours synonyme d’avancement !
Je voudrais partager avec vous quelques réflexions personnelles et des solutions d’experts de renom qui ont longtemps travaillé sur la question. D’abord, il est important de souligner qu’il n’y a pas de solution miracle, ni d’érudits qui peuvent dire qu’ils sont à l’abri d’un assaut destructeur des distractions; mais la prise de conscience, la ferme motivation de changer de cap et l’effort soutenu demeurent de véritables clés de succès.
La première démarche que je vous propose consiste à se fixer un objectif à la fois. Dire à notre cerveau où précisément nous voudrions aller dans un délai précis et surtout visualiser ce à quoi le résultat final pourrait ressembler. Si nous nous laissons si facilement distraire, c’est en partie parce que notre cerveau ne sait pas précisément où il va. Si vous donnez à votre GPS le nom d’une ville ou d’un quartier comme destination finale, il est clair qu’il pourrait bien vous diriger vers le centre de santé ou au marché communal. Il faudra lui indiquer avec précision que votre point de chute souhaité c’est la banque située entre le bureau de la poste et le siège de la radio locale. Chaque matin (ou la veille), écrivez UNE priorité non négociable pour la journée et demandez-vous : « Si je n’accomplis pas cette tache aujourd’hui, ma journée aura-t-elle de sens ? »
La deuxième posture qu’il faudra essayer d’adopter, c’est de faire une seule chose à la fois même si l’atteinte de votre objectif requiert une succession de taches, il est important de ne pas chercher à toutes les réaliser au même moment.
La troisième astuce que je vous propose, c’est de vous isoler au maximum des sollicitations extérieures non programmées. La règle d’or ici se résume en trois petits mots : savoir dire NON ! Que ce soit une invitation à une partie de jeu ou à un déjeuner non planifié, une visite non sollicitée d’un collègue de travail ou d’un proche et bien d’autres sollicitations qui paraissent utiles; il faut savoir faire le bon choix. Se rendre disponible et répondre à toutes les sollicitations fera certes de vous une star adulée, mais cela vous éloigne à coups sûrs de vos objectifs. Il faut savoir vous mettre en « Mode avion ». Rassurez-vous, le monde ne s’effondra pas !
Le prochain défi, c’est de savoir dompter votre téléphone sans le supprimer. Dans un monde du tout numérique, le téléphone est sans équivoque une source majeure de distraction dans la société moderne et cela est d’ailleurs proportionnel à son utilité dans notre vie mais on peut le gérer intelligemment. Je vous propose quelques habitudes pratiques : mettre le téléphone hors de portée visuelle pendant le travail ; désactiver les notifications des réseaux sociaux notamment les groupes de discussion sans lien avec vos objectifs du moment et ne s’autoriser que les appels jugés importants. Enfin, il faut définir des créneaux de consultation du téléphone par jour comme on fait une pause-café. Si l’habitude tend irrésistiblement à vous phagocyter, essayez de réduire de 50 % le temps habituel que vous passez sur votre plateforme préférée ou dans votre groupe de discussion politique, associative ou religieuse.
Il est évident qu’il y a d’autres idées peut-être plus pointues pour lutter contre les distractions mais les éléments les plus importants sont : la prise de conscience de l’impact de la distraction sur l’atteinte de vos objectifs, votre motivation personnelle et la foi sans fissure en ce que booster les distractions nuisibles hors de votre vie est réalisable!
Bonne année !